CFTC COVEA

A quoi sert un syndicat ?

A l’origine, les syndicats visaient à défendre les ouvriers, en première ligne de la révolution industrielle et dispersés face aux capitaines d’industrie qui les employaient, contrairement aux artisans ou aux commerçants, qui avaient le soutien de groupements corporatistes, de guildes, de métiers ou de compagnonnages.

 

Depuis la loi de 1884 qui a autorisé la création de syndicats, leur mission s’est élargie jusqu’à aboutir à des syndicats de patrons, comme la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) en 1944, et le CPPF (Conseil national du patronat français) en 1945, devenu le Mouvement des entreprises de France (Medef) en 1998.

 

Plus un syndicat est représentatif, plus il pèse face à la hiérarchie. C’est le cas en Allemagne, où les syndicats, moins nombreux, représentent environ 20 % des salariés ; outre-Rhin, ils sont aussi plus souples face à la direction – ils ont par exemple accepté, dans la branche métallurgie, un gel des salaires en contrepartie d’un maintien de l’emploi pendant la crise.

 

Mais la France est le pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) où le taux de représentativité est le plus faible : 8 % pour l’ensemble ; 5 % dans le privé…

 

Construire une solidarité

 

Les syndicats sont reconnus comme personne morale et ont la capacité d’aller en justice afin d’assurer la défense des intérêts des salariés.

Ayant accès à de nombreux documents, ce sont eux aussi qui ont les moyens de garantir la transparence vis-à-vis des autres salariés (ils ont le droit de convoquer des assemblées générales, d’afficher des documents et des tracts syndicaux…), mais aussi vis-à-vis de la presse, en l’avertissant lors d’épisodes critiques sur lesquels la direction ne souhaite pas communiquer.

 

Protégés au sein de l’entreprise (il est plus difficile de licencier un représentant syndical, qui dispose de protections spécifiques), ils peuvent s’exprimer au nom des salariés, quand ceux-ci craindraient un retour de bâton de l’employeur.

 

Mais, selon plusieurs sondages, l’une des raisons principales du désintérêt des salariés français pour les syndicats est la peur de représailles et le prix à payer vis-à-vis de sa carrière.

 

Les syndicats assument aussi un rôle de gestionnaire d’organismes fondamentaux pour la vie des salariés : à parité avec les organisations patronales, ils gèrent ainsi les Caisses nationales d’assurance maladie, d’allocations familiales et d’indemnisation des chômeurs et de retraites.

 

Connaître ses droits

 

La formation syndicale est un droit pour tous les salariés, qu’ils soient syndiqués ou non, sous réserve que la formation soit dispensée par une organisation syndicale représentative. Cette formation peut se faire au niveau de l’entreprise, au niveau régional, national…

 

Chaque salarié peut ainsi s’absenter douze jours par an en formation syndicale. Attention, si la couverture est totale dans le public, dans le privé, la compensation peut être très faible pour les jours d’absence.

 

Négocier avec l’Etat

 

Depuis la loi de 2007, les partenaires sociaux doivent être systématiquement consultés par le gouvernement lors de l’élaboration de projets de loi en matière de relations salariales, d’emploi ou de formation professionnelle.

 

Les syndicats sont aussi censés être parmi les premiers interlocuteurs de l’exécutif lors de grandes réformes touchant au système de cotisation, lors d’une réforme des retraites par exemple, ou du droit du travail, comme dans la loi Macron.

 

Source : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/05/01/a-quoi-sert-un-syndicat_4626018_4355770.html

CFTC COVEA